Seulement un tiers des régions françaises est au-dessus de la moyenne des régions européennes, en matière de promotion et de valorisation de l'innovation : un résultat insuffisant qui révèle les difficultés rencontrées par les territoires. Tel est le constat dressé par le
Conseil d'analyse économique (CAE) dans son rapport « Innovation et compétitivité des régions », remis hier après-midi à la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Commandé en janvier 2007 par le Premier Ministre aux experts du CAE, Thierry Madiès et Jean-Claude Prager, le document de plus de 350 pages, résulte de consultations menées avec des universitaires et des personnalités du monde économique et social. Il présente un état des connaissances actualisé sur l'importance du facteur territorial dans les mécanismes de l'innovation et préconise une série de changements visant à améliorer l'innovation et la compétitivité dans les régions. En effet, si, sans surprise, les régions Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Alsace font partie des plus performantes pour générer des activités innovantes, sans parler de l'Ile-de-France, dont les «
ressources sont équivalentes à celles de la Silicon Valley » reconnaît Jean-Claude Prager, les deux-tiers des autres régions françaises pâtiraient, entre autres, d'une surcharge d'organismes publics ou parapublics qui tendraient à alourdir leurs démarches. «
Il y a une présence trop forte de la structure publique. Simplifier et alléger ce système permettrait de le rendre plus efficace » analyse Jean-Claude Prager qui préconise de «
renforcer l'action publique en réunissant les moyens de l'Etat et ceux des conseils régionaux et collectivités locales afin de créer une seule structure de gouvernance ».
L'innovation, une démarche d'entrepreneur Pour les experts du CAE, l'innovation est, en effet, d'abord une affaire d'entrepreneurs que de développement de structures publiques. «
Si l'Etat et les collectivités donnent un cadre, ce sont les PME qui innovent. Il faut donc les aider à avoir accès à la connaissance et à l'innovation en développant des instruments simples d'aide au financement, tels que le crédit impôt recherche qui existe déjà, par exemple » recommande Jean-Claude Prager. Autre préconisation du rapport directement liée aux rôles des PME : le renforcement des liens entre universités et entreprises afin de créer des universités «
puissantes, autonomes et concurrentielles ». «
Pour ce faire, universités et entreprises ont des efforts à faire pour combler leurs fossés culturels » remarque Jean-Claude Prager. Un souhait qui s'inscrit dans la ligne droite de la loi sur l'autonomie des universités.
Faire face à la compétition mondiale Rappelant les mesures structurelles déjà mises en œuvre par le Gouvernement, dont le triplement du crédit d'impôt recherche, le renforcement en fonds propres des PME par affectation d'ISF ou le soutien renouvelé aux pôles de compétitivité, la ministre de l'Economie a insisté sur la nécessité de mettre l'innovation au cœur du programme de réformes en vue d'améliorer la compétitivité de l'économie française, « afin que celle-ci soit mieux à même de faire face à la compétition mondiale » précise le ministère. Pour ce faire, la bonne coopération au niveau local entre les différents acteurs publics doit être encouragée a souligné Christine Lagarde, qui a indiqué qu'elle veillerait personnellement à ce que la réorganisation de ses services régionaux du ministère, avec la création des DIRECCTE (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), contribue à cette coordination au bénéfice des entreprises en France. En attendant,
un outil de diagnostic de l'innovation dans les régions vient d'être publié. Il met à la disposition des décideurs locaux une méthode de diagnostic destinée à les aider, de façon opérationnelle, dans la mise en œuvre d'une stratégie de l'innovation.
source: Innovation le journal