6.4.09

Google lance un fonds d'investissements pour booster les start-up

La firme de Mountain View vient de lancer Google Ventures, son fonds de capital-risque, pour aider les jeunes pousses innovantes dans le domaine des nouvelles technologies.
 

Google ajoute une nouvelle corde à son arc : le géant de l'Internet vient de créer son propre fonds d'investissements, Google Ventures.

La firme de Mountain View a indiqué que ce fonds de capital-risque aura pour mission d'allouer des ressources pour le développement des nouvelles technologies : Google Ventures partira à la recherche de start-up innovantes pour les aider à se développer.

"Google Ventures symbolise l'effort de Google dans sa volonté d'utiliser ses ressources pour soutenir l'innovation et encourager les jeunes pousses prometteuses dans les domaines des nouvelles technologies", ont expliqué Rich Miner et Bill Maris, les directeurs associés de cette nouvelle entité.

"En empruntant les bonnes pratiques déjà utilisées par d'autres fonds d'investissements, et en les combinant à notre expertise technique et à la popularité de notre marque, nous pensons que nous pouvons trouver des start up dotées d'un bon potentiel de développement et les encourager à bien s'implanter dans leur secteur d'activité".

Les recherches de Google pour dénicher les jeunes pousses innovantes se concentreront sur des domaines comme, par exemple, les services Internet, les technologies propres, les biotechnologies et les soins médicaux.

Rich Miner et Bill Maris ont aussi expliqué qu'ils comptaient sur les internautes pour les aider à dénicher de nouveaux secteurs prometteurs dans lesquels il serait judicieux d'investir et les aider à trouver de réelles entreprises pleines de promesses.

Les participants intéressés peuvent exposer leurs idées par e-mail à Google, via le site de Google Ventures. "Bien sûr, compte tenu du très grand nombre de courriels que nous recevons, nous ne pouvons pas promettre de répondre à chaque internaute", est-il précisé sur la page d'accueil.

source : http://www.vnunet.fr/news/google_lance_un_fonds_d_investissements_pour_booster_les_start_up-2030473

1.4.09

Ce que les entreprises peuvent apprendre des pays émergents

Les entreprises des pays dits « développés » ont encore une véritable difficulté à appréhender les apports que peuvent leur fournir les entreprises des pays émergents. Longtemps condescendantes, elles voyaient dans les entreprises des pays en développement, au mieux, des partenaires permettant de réduire certains coûts, au pire, de simples copieurs des technologies de l'Ouest. La « mondialisation en un seul sens » en quelque sorte.

L'évolution des marchés, la part croissante des entreprises ayant des filiales à l'international, le poids économique grandissant de ces pays émergents ont changé la donne progressivement. Les spécificités culturelles ont été étudiées et parfois intégrées avec succès. Philippe d'Iribarne montre très bien les cas de TQM au Maroc, l'importance des procédures au Cameroun, des codes éthiques en Argentine, bref une meilleure application qu'en Europe de pratiques de management. Plus encore, les gourous du management ont dû adapter ou aménager leur analyse aux spécificités des pays émergents : Victor Vroom note que les processus de prise de décision diffèrent significativement selon les zones culturelles ; quant à C. K. Prahalad et Hrishikesh Bhattacharyya, ils ont bâti une nouvelle forme d'organisation autour du concept de pays passerelles. C'est souvent la recherche d'une solution à leur écosystème qui force les meilleurs élèves à trouver des modèles économiques nouveaux pouvant inspirer les entreprises des autres pays.

Le mobile bancaire

Un cas d'école depuis deux ans illustre cette tendance. Les pays africains et de l'Asie du Sud-Est sont structurellement des pays à faible taux de bancarisation (moins de 10 % de la population ayant un compte bancaire). En parallèle dans ces pays, le téléphone mobile a connu un succès rapide et sans précédent. Les portables peuvent être des intermédiaires de paiement, voire des substituts aux comptes en banque. Le cas est ici doublement intéressant. Tout d'abord, les pays émergents ont été un laboratoire d'innovation puisque ce sont dans les pays asiatiques (Philippines) et africains (Kenya) que se sont développés avec succès les premiers services de « m-paiement » avant même l'Europe. Ainsi chez Orange, cette innovation a d'abord été lancée en Afrique avant les pays européens.

Mais l'apport essentiel est ailleurs. En effet, non seulement l'innovation est venue des pays émergents, mais elle s'est accompagnée de la construction d'un vrai modèle économique associé (microfinancement et développement d'une activité de microentreprises). Des cas similaires de nouveaux modèles économiques peuvent être identifiés dans d'autres secteurs (par exemple dans le domaine de l'énergie solaire, dans le domaine de la santé aussi).

Trois grandes leçons pour l'avenir peuvent être tirées. Tout d'abord, les pays émergents sont un champ d'exploration et d'innovation pour les entreprises y compris des pays développés. Ensuite, ces nouveautés sont des défis à prendre en compte par les entreprises concurrentes ou les maisons mères : innovation produits, spécificités culturelles des modes de management, respects des procédures.

Réceptacles des besoins

Cependant, dernière leçon, la boucle n'est pas encore bouclée. D'une part, les entreprises des pays émergents sont encore majoritairement les réceptacles des besoins des pays développés (sous-traitance, outsourcing). D'autre part, la collaboration est souvent placée sous le signe de la dépendance (maison mère-filiale, sous-traitance...) ou de la méfiance (non-respect des contrats, fuite des cerveaux, etc.).

L'évolution, somme toute récente, illustre une mondialisation qui n'est plus dans un seul sens, les entreprises des pays émergents pouvant avoir des apports innovants. Il reste encore aux groupes internationaux à mieux intégrer ces changements, audelà des lieux communs et des poncifs, mais aussi tant du côté des entreprises des pays développés que de celui des entreprises des pays en développement, à mieux appréhender les apports réciproques.
 
 

29.3.09

Mesmo com crise, setor de VC/PE deve continuar crescendo

Apesar da crise internacional que afeta a economia mundial, a indústria de Private Equity no Brasil atingiu um novo recorde, com total de capital comprometido de U$ 26,6 bilhões. Em 2007 esse valor era de U$ 16,7 bilhões. Para Luiz Eugenio Figueiredo, presidente da ABVCAP, trata-se de um crescimento surpreendente, mas que deve ser impactado pela crise. Entretanto, Figueiredo estima um crescimento do setor acima de 10% neste ano.

"Estamos confiantes de que vamos continuar crescendo, e tem alguns aspectos que ajudam o nosso ponto de vista em relação ao crescimento do Private Equity e Venture Capital no país", declara Figueiredo. Ele ressalta que os países emergentes estão sendo foco de maior atenção nos momentos de turbulência, e que diante da magnitude da crise nos países desenvolvidos, os investidores tendem a buscar oportunidades nos países emergentes. Figueiredo ainda acrescenta que o BRIC – formado por Brasil, Rússia, Índia e China – vem sendo foco de atenção, e há indicadores que beneficiam o Brasil na atração de capital perante outros países que compõem esse bloco.

Do total de capital comprometido para investimentos em PE e VC, cerca de 58% são de investidores estrangeiros. Até o primeiro semestre de 2008, eles captaram para o Brasil cerca de U$ 1,11 bilhão, o que corresponde a 43% dos recursos levantados no ano passado.

Outro fator que pode acelerar o crescimento da indústria é a alocação dos fundos de pensão. Hoje, esses fundos brasileiros alocam menos de 2% do patrimônio total para Venture Capital e Private Equity, enquanto que a média internacional é de 8 a 10%. "Os fundos de pensão ainda têm espaço em seu portfólio para alocação em VC/PE", afirma Luiz Eugenio.

Em 2008, a participação dos fundos de pensão em novas captações chegou a 50%. No montante do capital comprometido, esses fundos brasileiros responderam por 24% do total, o que equivale a U$6,4 bilhões.

Os fundos de VC/PE também estão com recursos para investir neste ano. Dos U$ 26,6 bilhões de capital comprometido, U$ 11 bilhões ainda estão disponíveis para serem alocados. "O setor tem recursos e vai buscar auxiliar as empresas para continuarem os seus planos de negócios nos próximos meses", diz Figueiredo.

Segundo informações do censo feito pelo Centro de Estudos de Private Equity da FGV, a indústria de PE/VC conta atualmente com 142 gestores, 1.414 profissionais, 181 fundos e 480 empresas em portfólio. Até o primeiro semestre do ano passado, foram abertos 24 fundos que captaram U$ 2,6 bilhões.

As boas perspectivas para o PE&VC serão detalhadamente debatidas, por especialistas brasileiros e estrangeiros, no Congresso anual da ABVCAP, que ocorrerá em abril em São Paulo. A Conferênccia é o principal evento do setor e deve contar com a participação de aproximadamente 500 pessoas.

ABVCAP (www.abvcap.com.br) - Fundada no ano de 2000, a ABVCAP é uma instituição sem fins lucrativos, voltada ao desenvolvimento, estímulo e propagação de investimentos de longo prazo no setor real da economia brasileira, a partir de veículos de investimento e capitalização de empresas e projetos empresariais e de infra-estrutura no Brasil. A ABVCAP atua, portanto, como entidade representativa no Brasil do setor de "capital empreendedor" (também denominado "private equity e venture capital").

A ABVCAP tem a missão de ampliar e aprimorar as várias frentes de investimento de longo prazo no Brasil, em sintonia com as principais práticas internacionais nesse tema, quando aplicáveis às condições e ao mercado brasileiro. Nesse contexto, destaca-se na missão da ABVCAP sua integração estratégica e essencial aos mercados de capitais, como agente formulador e importante propulsor e reciclador de ativos/empresas das bolsas de valores. | www.abvcap.com.br
 

Aux Etats-Unis, l'innovation n'est pas l'apanage des acteurs nationaux

Outre-atlantique, et contrairement au reste du monde, les brevets déposés ne le sont pas majoritairement par des compagnies américaines, mais asiatiques.

Aux Etats-Unis, pays des grandes entreprises technologiques, l'innovation n'est pas le fruit des sociétés nationales. Une étude de Thomson Reuters montre que sur les dix plus importantes entreprises ayant déposé des brevets en 2008 aux Etats-Unis, seulement trois sont de nationalité américaine, les sept autres étant asiatiques. Le plus important est le Coréen, Samsung Electronic avec plus de sept mille quatre cents brevets. IBM est deuxième avec mille brevets déposés en moins. En troisième arrive Microsoft qui a déposé environ trois mille brevets.

Les entreprises européennes dominent leur région

Le huitième du classement, General Electrics, est donc la dernière société américaine de la liste. Tous les autres sont exogènes. La situation de l'Amérique est unique, note le rapport. Dans le reste du monde, l'innovation est dominée par les acteurs nationaux. En Europe, Samsung Electronic est la seule entreprise non européenne à se hisser dans les dix premiers. L'Europe est, toujours d'après le rapport, une des zones où le nombre de brevets déposés est le plus faible. Siemens, plus important innovateur de la région en a déposé moins de trois mille. Aucune entreprise européenne n'entre dans un classement à l'international.

L'innovation est dominée par l'Asie

Les autres pays étudiés sont asiatiques. Que ce soit en Chine, au Japon ou en Corée, aucune entreprise extranationale n'a déposé suffisamment de brevet pour rentrer dans les dix plus importants investisseurs. Le rapport met en avant que les sociétés asiatiques ont conscience de l'importance de leur marché national. Elles y réinvestissent donc massivement dans le domaine de l'innovation. La région asiatique est à l'heure actuelle la plus créative. Le Japon est le pays ou le nombre de brevets déposés est le plus important au monde d'après le rapport.

23.3.09

Programa FAPESP de Pesquisa em Bioenergia (BIOEN)

O Programa FAPESP de Pesquisa em Bioenergia (BIOEN) objetiva estimular e articular atividades de pesquisa e desenvolvimento utilizando laboratórios acadêmicos e industriais para promover o avanço do conhecimento e sua aplicação em áreas relacionadas à produção do Bioenergia no Brasil.

O BIOEN inclui cinco divisões:

  1. Divisão de Biomassa para Bioenergia (com foco em cana-de-açúcar);
  2. Divisão de Processo de Fabricação de Biocombustíveis;
  3. Divisão de Biorefinarias e Alcoolquímica;
  4. Divisão de Aplicações do Etanol para Motores Automotivos: motores de combustão interna e células-combustível; e
  5. Divisão de Pesquisa sobre impactos sócio-econômicos, ambientais, e uso da terra.

O BIOEN conta com uma sólida base de pesquisa exploratória acadêmica relacionada às cinco divisões. Espera-se que essas atividades exploratórias possam gerar novos conhecimentos e formar recursos humanos altamente qualificados, essenciais para aprimorar a capacidade da indústria em tecnologias dirigidas ao etanol e aumentar sua competitividade interna e externa.

O BIOEN inclui pesquisa acadêmica e, quando apropriado, estabelece parcerias para o desenvolvimento de atividades de pesquisa cooperativa entre universidades e institutos e pesquisa no Estado de São Paulo e empresas, compartilhando recursos humanos, materiais e financeiros.

Nessas parcerias, os detalhes específicos dos temas de interesse são especificados de acordo com o interesse do parceiro privado e do compromisso da FAPESP em fomentar pesquisa no Estado de São Paulo.

Outras agências, tanto do governo federal como de outros estados, foram convidadas a participar do BIOEN-FAPESP. O Ministério da Ciência e Tecnologia, por meio do CNPq, e a Fapemig já manifestaram interesse em participar e outras agências estão estudando seu comprometimento com o Bioen.

Le Chili et l'Inde signent un accord sur l'innovation techonologique dans les zones rurales

   SANTIAGO, 20 mars (Xinhua) -- Le Chili et l'Inde ont signé  vendredi un accord sur l'introduction de l'innovation  techonologique dans les zones rurales, en promouvant les  télécommunications, notamment par la mise en place des systèmes  WiFi et WiMax. 

     L'accord a été signé à Chennai, une ville indienne, durant la  visite en Asie de la présidente chillienne Michelle Bachelet. 

     L'accord prévoit également un renforcement de la coopération  concernant la formation du personnel dans les zones rurales afin  de démocratiser l'utilisation de l'ordinateur et d'internet. 

 
     Les deux pays mèneront également des efforts conjoints pour  créer et mettre en oeuvre des paquets technologiques et des  systèmes d'information basés sur des outils numériques permettant  de faciliter le processus de décision en matière de gestion de  l'agriculture.
 

16.3.09

Innovation aux Etats-Unis : l'Amérique se reposerait-elle sur ses lauriers ?

Le récent rapport [1] de la Fondation pour l'Innovation et les Technologies de l'Information [2] a le mérite de frapper les esprits et de relancer la réflexion pré-électorale sur le recul (relatif) des Etats-Unis en matière d'innovation. Si l'on considère les progrès en termes d'innovation réalisés au cours des dix dernières années, les Etats-Unis arriveraient en effet derniers d'un classement de 40 pays !

On le sait, les capacités d'innovation et l'économie de la connaissance sont devenues les critères majeurs de concurrence entre les nations développées. Ces dernières cherchent par ce biais à attirer un maximum d'entreprises à forte valeur ajoutée. Le rapport de ITIF, évalue la compétitivité en termes d'innovation dans les différents pays du monde. Il fait suite à un autre rapport dont nous nous faisions l'écho récemment [3], et qui menait la même analyse mais pour les différents états des Etats-Unis.

Les mêmes indicateurs, seize au total, ont été utilisés pour évaluer la performance des 40 pays les plus développés technologiquement. Ils ont été regroupés en six catégories :
- entrepreneuriat,
- capital humain,
- politiques de soutien,
- infrastructures d'information et de communication,
- capacité d'innovation et
- performance économique.

Il est important de noter que ces mesures de performance sont en général rapportées au nombre d'habitant ou au PIB du pays. Par exemple, le nombre de chercheurs pour mille habitants, ou les investissements en capital-risque en pourcentage du PIB. Contrairement à bon nombre d'études réalisées précédemment, cette analyse récente ne place pas les Etats-Unis en tête de peloton pour la compétitivité et l'innovation. Avec un résultat de 64 sur 100, le pays arrive en fait sixième de ce classement, nettement en deçà de Singapour, premier avec 73,4 points. L'Europe des 15 se place en 18ième position avec un score de 52,5.

Au total, les Etats-Unis devance l'Europe dans 13 des 16 indicateurs utilisés. Ces résultats masquent cependant de larges différences au sein des différents états européens, la Suède et le Danemark devancent ainsi les Etats-Unis au classement final. Les trois points forts du vieux continent en termes de compétitivité et d'innovation sont : une plus faible imposition des entreprises, le commerce extérieur et des investissements étrangers (ici hors UE) plus importants. On notera cependant avec intérêt que le rapport souligne les progrès considérables réalisés par l'Europe en termes de soutien à la recherche et à l'innovation, tant par le biais des institutions européennes que par l'action de chacun des pays membres.

Par ailleurs, il est intéressant de remarquer que si l'Europe présente des performances très variables selon les pays, nous retrouvons également des écarts considérables entre les différents états des Etats-Unis. Ainsi, si l'on considère les chiffres du classement national publié l'année dernière par l'ITIF [4] qui utilisait les mêmes indicateurs que ceux mentionnés plus haut, les performances d'innovation du Massachusetts, du Maryland et du Washington dépasseraient largement ceux de la Suède.

Mais le résultat le plus marquant de cette étude est que la totalité des 39 autres pays sondés a progressé plus rapidement que les Etats-Unis vers la nouvelle économie de la connaissance et de l'innovation. L'évolution des chiffres entre 1999 et 2009 en témoigne : 2,7 points de progression pour les Etats-Unis alors qu'à l'opposé, la Chine gagne elle presque 20 points. Les progrès réalisés par l'Europe des 15 et surtout l'Europe des 10 surpassent ceux des Etats-Unis, avec respectivement 8,5 et 12,3 points de gagnés en dix ans. Au final, si la grande Europe continuait sur une telle lancée, elle dépasserait les performances américaines en matière d'innovation d'ici 2020.

Ces résultats ont d'importantes implications pour les Etats-Unis. D'après les auteurs du rapport, si le pays veut redorer son blason, il doit mettre en place des politiques d'innovation à l'échelle fédérale. D'après l'ITIF, les Etats-Unis restent animés par un esprit libéral prônant la décentralisation ainsi que par un complexe de supériorité quant à leur place de leader en sciences et technologies. Résultats : ils n'ont pas développé de politiques d'innovation volontaristes à l'échelle nationales. Il est vrai qu'une partie des américains continuent de penser [5] que les problématiques d'innovation trouvent une réponse au niveau de chaque état, de chaque ville et de chaque établissement, et non dans les impulsions de Washington. Les grandes universités privés, en tête des classements internationaux, développent même une sorte de défiance vis à vis des initiatives fédérales.

Après tout, et sauf en temps de guerre, les Etats-Unis n'ont jamais eu recours à une telle stratégie. Mais, dans un monde ouvert, la super puissance est davantage exposée surtout si la capacité d'innovation des autres nations augmente plus vite dans le même temps.

La nouvelle Administration semble avoir compris le message. Elle envisage, en autres, de développer les mesures incitatives pour les entreprises innovantes, de faciliter l'accès du pays aux immigrants avec des compétences élevées, de favoriser l'économie numérique et de soutenir les institutions qui jouent un rôle décisif dans l'innovation. Elle envisage également la mise sur pied d'une fondation de l'innovation (la NIF), ainsi qu'une réforme du système national des brevets et de la FDA. Que de chantiers à ouvrir, surtout en ces temps de retournement économique où les moyens du Gouvernement fédéral sont précieux !


Peu d'entreprises bénéficient des aides fiscales en Europe

Selon une enquête exclusive de la CCI de Paris, seulement un entrepreneur sur cinq a obtenu une incitation fiscale.

Union européenne

Encore plus en période de crise, la recherche et l'innovation sont un enjeu majeur pour la survie des entreprises. Les aides fiscales nationales y sont les bienvenues. Or, seulement 18% des entrepreneurs dans dix pays de l'Union européenne déclarent en avoir bénéficié. C'est l'un des principaux enseignements qui ressort d'une enquête réalisée (1) par l'Ipsos pour l'Observatoire européen de la fiscalité des entreprises de la CCIP, dévoilée en exclusivité dans La Tribune.

En tête des entreprises bénéficiaires d'une aide fiscale figurent les sociétés hongroises (33%), espagnoles (29%) et néerlandaises (28%). La situation est bien différente en France (11%) et au Royaume-Uni (10%). "Les aides fiscales n'ont profité qu'à 9% des entreprises en Suède et à 5% en Allemagne, des résultats surprenants pour des pays loin d'être en retard sur le plan de la recherche et l'innovation", souligne Mirko Hayat, professeur affilié à HEC et secrétaire général de l'Observatoire. L'une des craintes des entreprises, notamment en France, est d'avoir ensuite un contrôle fiscal.

Pourtant près des trois quarts des sociétés interrogées connaissent l'existence d'un système d'incitations fiscales en faveur de la recherche et de l'innovation dans leur pays. Et elles ne remettent pas du tout en cause les dispositifs actuels. Bien au contraire: 72% d'entre elles ayant bénéficié d'une aide les jugent positifs. Sans surprise, la plupart des entrepreneurs estiment indispensables ou importants d'en profiter pour pouvoir développer leurs investissements en matière de recherche et d'innovation.

Des économies importantes peuvent en effet être réalisées. C'est le cas de 48% des entreprises de moins de 100 salariés ayant déjà touché une aide. Dans la majorité des cas (61%), les incitations fiscales sont plafonnées. Les aides reçues ont encouragé 45% des entrepreneurs à accroître leurs dépenses de recherche et d'innovation et/ou 48% à faire une économie.

Autre point essentiel: la direction d'une société ne va pas négliger la question du dispositif national de ce type d'aides afin de choisir le ou les pays d'implantation à l'étranger. Pour 74% des dirigeants interrogés, c'est un élément important à prendre en compte. Mais plus des deux tiers des entreprises déjà installées à l'étranger (76%) ne bénéficient pas des aides fiscales des pays d'accueil en matière de recherche et innovation. "A l'étranger, les chefs d'entreprises craignent la lourdeur administrative. Cela plaide pour une harmonisation européenne de ce type d'aides", conclut Mirko Hayat.


Source: http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20090313trib000354637/peu-dentreprises-beneficient-des-aides-fiscales-en-europe.html

25.2.09

USA : L'improbable réforme du bureau fédéral des brevets et des marques

Le rôle croissant des "patent trolls" dans le système d'innovation américain

Dans notre précédente livraison nous nous interrogions sur le retard accumulé par l'USPTO dans l'examen de 800.000 demandes de brevets ainsi que sur la capacité de l'organisation à se réformer. La seule USPTO n'est pas responsable d'un tel retard. Le système des brevets tel qu'il se présente actuellement aux Etats-Unis est aussi largement fautif de l'engorgement et des retards d'enregistrement que les inventeurs et l'ensemble des parties prenantes de l'innovation déplorent. Et dans le système en question se trouvent des organisations qui tirent un avantage grandissant des brevets tout en contribuant à ralentir toute réforme d'ensemble.

Ces organisations sont connues sous le nom de "NPE" (Non-Practicing Entities) par les juristes et de "patent trolls" par les experts de l'innovation. L'origine du mot est incertaine : il serait apparu dans le jargon des praticiens en 2001 après que Peter Detkin (Intel) l'eut utilisé pour la première fois dans le cadre d'une affaire interne qui voyait Intel défendre un de ses brevets. Peter Detkin se référait alors à un conte nordique dont la morale est d'accepter un arrangement rapide plutôt que le principe d'un hypothétique futur accord encore plus avantageux pour l'impétrant.



De qui et de quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'organisations qui détiennent des brevets, souvent acquis à vil prix auprès de producteurs d'inventions ou de connaissances, et qui s'attachent à les faire valoir auprès de contrevenants potentiels ou dans le cadre d'une activité de marché. Comme l'indique leur nom, les "NPE" ne font pas d'autre utilisation du brevet que celle qui consiste à identifier des sociétés qui sont de possibles utilisateurs de brevets détenus par ailleurs. Le modèle d'affaires de ces sociétés est en général simple : acquérir des brevets après les avoir soigneusement sélectionnés puis revendiquer auprès de possibles utilisateurs une redevance, une compensation ou un dédommagement, de gré à gré ou devant les tribunaux. Moins nombreuses sont les NPE qui transforment leurs portefeuilles en fonds pour aller ensuite sur les marchés financiers.

Anecdotique il y a une quinzaine d'années, l'activité des NPE connaît un essor important aux Etats-Unis. Cette croissance est alimenté par la crise actuelle qui voit un nombre considérable de petites sociétés céder leur fonds de commerce pour traverser le retournement de conjoncture et la pénurie de financement venant des capitaux risqueurs. Et ce fonds de commerce est souvent constitué par un brevet, une licence, ou un savoir-faire déposé. La croissance de l'activité des NPE se mesure au nombre de sociétés créées dans ce domaine mais aussi, hélas, au nombre de poursuites engagées par ou contre ces sociétés. Entre 1994 et 2002, 527 affaires étaient recensées (2,7% des affaires liées à une question de propriété industrielle). Entre 2003 et 2007, nous en sommes à 1 210 affaires (8,4%). L'augmentation se poursuit au point de saturer l'appareil juridique : 389 nouvelles affaires ont vu le jour entre le 1er octobre 2007 et le 30 septembre 2008 !

Le portefeuille des 219 NPE recensées aux Etats-Unis (sans doute 1 500 si l'on inclut les filiales) s'établit à 12 500 brevets, déposés ou en instance. La plus importante de ces sociétés est "Intellectual Ventures". Elle exploite tous les segments du marché des "trolls" et possède une bonne rentabilité, ce qui attire vers elle de nombreux investisseurs. D'autres NPE comme "Acadia", "Alliacense" ou "Rembrandt Technologies" ont des modes de fonctionnement différents car elles calent leurs activités sur des portefeuilles plus petits et plus spécialisés. D'autres encore ("1st Technology", "ArrivalStar", etc.) se positionnent dans le registre légèrement différent, celui qui consiste à faire appliquer le droit des brevets exploités indûment mais sans les acquérir. Parmi les NPE on compte aussi des individus qui font valoir leurs propres brevets pour en tirer une rente. Il y a aussi les NPE qui agissent de façon "furtive" ("stealth mode") en attendant la maturité d'une technologie ou d'un produit pour revendiquer avec davantage de certitudes d'énormes compensations. Dans le petit monde des NPE, les entrées et les sorties sont aussi passablement nombreuses, d'où la difficulté d'établir un état des lieux précis.

L'activité de "Intellectual Ventures" retient cependant particulièrement l'attention, surtout en ces temps de difficultés financières. "Intellectual Ventures" vient par exemple de lever plus de 1,5 milliard grâce à son nouveau fonds. Il a aussi rendu publics deux accords d'un montant unitaire de 200 à 400 millions (le chiffre exact reste confidentiel) avec Cisco Systems et Verizon après avoir négocié des cessions avec Nokia, Sony, eBay, Google, Microsoft, Intel et Nvidia. "Intellectual Ventures" auraient plus de 1.000 projets d'accords en cours de discussion et avoue acquérir des brevets ou des familles de brevets au rythme de 2 par jour [2]. "Intellectual Ventures" occupe une position dominante aux Etats-Unis et embrasse un champ d'activités qui n'a, à ce jour, aucun équivalent dans le monde.

Les détracteurs des NPE plaident pour une réforme du système des brevets en arguant du fait que les "trolls" inhibent l'innovation en rendant stérile la plupart des brevets détenus mais non exploités. Pour les industries qui ont une activité de R&D, le reproche est le même car les NPE érigent des barrières à l'entrée. Les NPE contribuent en effet à s'approprier, sous forme de brevets, le produit de développements technologiques (le "D") qui coûtent en général 10 à 20 fois plus cher que la recherche (le "R"). D'une façon générale, les NPE sont vues par ses opposants comme des sociétés d'extorsion ("patent extortionist") qui tirent profit des producteurs de connaissances et du système national des brevets.

De leur côté, les NPE défendent leur rôle dans le système national de l'innovation. Elles affirment que ce sont elles qui fixent le véritable prix des brevets tout en fournissant des liquidités aux inventeurs. Elles défendent aussi l'idée qu'elles alimentent la jurisprudence du droit des brevets et contribuent à faire en sorte que l'USPTO réalise un meilleur travail d'analyse et d'investigation des demandes qui lui sont soumises (d'où la pression qui pèse sur cette dernière et les retards qu'elle accumule). Au total, les NPE plaident pour un maintien du système actuel.

Plusieurs pistes sont actuellement identifiées pour sortir de l'impasse. La réforme de l'USPTO en est une mais ne constitue qu'un volet du problème. Une autre est juridique qui tend à s'imposer d'elle-même. Ainsi, une jurisprudence limitant les recours se développe même si ces derniers continuent de coûter des fortunes (la simple instruction des grandes affaires dépasse les 5 millions) : la Cour Suprême a par exemple en 2006 supprimé la notion d'injonction automatique pour la remplacer par une autre qui oblige le plaignant à faire la preuve de la recevabilité de la demande. D'autres pratiques jurisprudentielles comme "les dommages proportionnels" favorisent aussi l'émergence d'un encadrement des recours.

Mais là encore, la solution au problème n'est que partielle. D'où l'idée de créer un marché du brevet, monétaire ou électronique, qui aurait pour caractéristique la transparence et l'accès général à l'information. Comme le projet de réforme de l'USPTO, remis d'année en année depuis 1966, on peut légitimement se poser la question de la réalisation d'un tel nouveau marché, non seulement en raison de la conjoncture mais aussi en raison de l'économie du système des brevets aux Etats-Unis.

Source : http://www.invention-europe.com/Article347450.htm / http://www.bulletins-electroniques.com/

11.2.09

Les petites sociétés innovantes déplorent l'abandon des pouvoirs publics


Fut un temps où le gouvernement regardait les start-up, ces jeunes sociétés technologiques innovantes, avec les yeux de Chimène. Cette époque serait révolue. Désormais, ce sont les "gazelles", c'est-à-dire les entreprises de taille moyenne en forte croissance, qu'elles soient ou non innovantes, qui sont choyées. Un nouveau sigle a d'ailleurs fait son apparition dans les statistiques : ETI, pour "entreprises de taille intermédiaire". Les aides publiques aux PME leur sont désormais prioritairement destinées.

Avant cette inflexion stratégique, les start-up sélectionnées par Oseo Innovation (ex-Anvar) bénéficiaient d'avances remboursables de la part de cet établissement financier public. Ce financement leur était nécessaire car d'une part, les banquiers privés trouvent trop risqué de prêter des fonds à ce type de sociétés ; et parce que d'autre part les business angels, des personnes privées investissant au capital de firmes naissantes, ne sont pas encore légion en France.

En 2007, Oseo Innovation avait ainsi un budget d'intervention de 365 millions d'euros consacré au financement des jeunes pousses. En 2008, ce budget s'est accru à 470 millions d'euros. En 2009, la part de ce budget consacré aux interventions classiques, c'est-à-dire aux avances remboursables pour les start-up, plonge de plus de 60 %, pour ne plus atteindre que 270 millions d'euros.

L'essentiel du budget global d'intervention d'Oseo Innovation (qui s'élève au total à 430 millions d'euros) est désormais destiné à financer des projets de recherche de grands groupes et d'ETI (dont certains avaient été sélectionnés par l'Agence de l'innovation industrielle, aujourd'hui disparue). Oseo Innovation devait également distribuer les subventions aux entreprises des pôles de compétitivité, à partir du 1er janvier 2009, mais cette décision a été repoussée.

Or, dans certaines régions, en Ile-de-France en particulier, les caisses d'Oseo Innovation seraient vides depuis le mois de juillet 2008 pour les start-up. "Le problème est particulièrement aigu dans les régions où se trouvent beaucoup de sociétés de haute technologie", précise Olivier Ezratty, consultant en innovation, business angels, et auteur d'un blog sur l'innovation.

FAIRE DU CHIFFRE

Certes le crédit impôt recherche, qui permet aux sociétés de déduire une partie de leurs budgets de recherche et développement (R & D) de leur impôt, bénéficient, aussi, aux start-up. Certes, la possibilité de déduire tout investissement dans des PME de l'impôt sur la fortune a stimulé les vocations de business angels. Mais, la crise a réduit leurs portefeuilles boursiers et donc la part que ces personnes fortunées consacreront aux PME en 2009. "Dans deux ans, quand l'économie redémarrera, la France souffrira d'un trou démographique de start-up", redoute M. Ezratty.

Les équipes d'Oseo Innovation en sont convaincues. Leurs dirigeants n'ont plus la main sur le personnel distribuant les aides en région. Celui-ci est rattaché à Joël Darnaud, un professionnel de la banque qui applique les méthodes de ce secteur. La distribution d'aides rapporte une prime à celui qui l'octroie. Ce qui incite à faire du chiffre, sans forcément s'attacher à la qualité du dossier, au caractère réellement innovant des produits et services dont il est censé financer l'élaboration.

source: http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/10/les-petites-societes-innovantes-deplorent-l-abandon-des-pouvoirs-publics_1153295_1101386.html